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Management

Le taylorisme n’est pas mort

Paru dans la revue Cadres CFDT, n°471, décembre 2016, pp.73-79

Frederick Taylor n’est pas seulement le père de l’organisation scientifique du travail. Sa pensée infuse l’ensemble du management moderne, de la chaîne d’assemblage au coaching 2.0.

L’article est en ligne là : www.larevuecadres.fr/le-taylorisme-n%E2%80%99est-pas-mort

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La condition salariale au XXIe siècle. Rencontre avec Cécile Renouard et Thibault Le Texier

Entretien paru dans la revue Limite, n°3, mai 2016

« « Ne travaillez jamais ! », fanfaronnait Debord en 1953. « Ma petite entreprise / Connaît pas la crise », répondait Alain Bashung il y a vingt ans. Le travail est-il une valeur ? La précarité une fatalité ? Alors que le gouvernement s’est lancée dans une énième et très décriée réforme du code du travail, deux spécialistes nous livrent leurs analyses sur la condition salariale au XXIe siècle. Rencontre avec les philosophes Thibault le Texier et Cécile Renouard »

À lire ici : http://revuelimite.fr/la-condition-salariale-au-xxie-siecle-rencontre-avec-cecile-renouard-et-thibault-le-texier


« Nous sommes si imprégnés par la logique de l’entreprise que nous l’appliquons à nos propres vies »

Interview de Léa Iribarnegaray dans Libération du 30-31 janvier

« De l’école à l’hôpital en passant par l’Etat, le chercheur Thibault Le Texier montre dans son ouvrage « le Maniement des hommes » que plus aucun territoire n’est imperméable aux méthodes managériales, au risque de ne plus juger l’individu qu’à l’aune de l’efficacité. »

À lire sur le site de Libé ou ci-dessous.


Le maniement des hommes : Essai sur la rationalité managériale

La Découverte, janvier 2016

Regardons autour de nous. À quoi ressemble notre monde, sinon à un continuum fonctionnel d’appareils, d’organisations et de managers ? Depuis un siècle, tandis que la critique vilipendait le capitalisme et l’État, la gestion, subrepticement, s’est immiscée partout.
Ainsi manageons-nous aujourd’hui les entreprises et leurs salariés, certes, mais aussi les écoles, les hôpitaux, les villes, la nature, les enfants, les émotions, les désirs, etc. La rationalité managériale est devenue le sens commun de nos sociétés et le visage moderne du pouvoir : de moins en moins tributaire de la loi et du capital, le gouvernement des individus est toujours davantage une tâche d’optimisation, d’organisation, de rationalisation et de contrôle.
Ce livre montre comment cette doctrine, forgée il y a cent ans par une poignée d’ingénieurs américains, a pu si rapidement conquérir les consciences, et comment l’entreprise a pris des mains de l’État et de la famille la plupart des tâches nécessaires à notre survie.

Plus de détails sur le site de La Découverte.


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Le management de soi

Le Débat, n°183, 2015/1, pp.75-86

Depuis une vingtaine d’années, de plus en plus d’ouvrages de coaching et de développement personnel recommandent à leurs lecteurs de se gouverner selon les principes du management. L’entreprise devenue l’institution cardinale des sociétés occidentales, conseiller aux individus de se rationaliser, de s’organiser, de se contrôler et de s’optimiser est peut-être, en effet, un bon service à leur rendre.

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Mesurer soi-même sa qualité de vie, une figure du management de soi

Conférence prononcée à l’ENS le 26 mai 2014, dans le cadre de la journée d’études « Mesurer la qualité de la vie dans la cité et au travail : projet gestionnaire ou phénomène démocratique ? »

L’analyse d’un programme de développement personnel commercialisé par le coach américain Anthony Robbins montre en quoi il incite ses usagers à la quantification des différents aspects de leur existence, aux fins d’une qualité accrue de celle-ci. Au-delà de cette injonction à l’auto-quantification, de nombreux ouvrages de coaching de vie et de développement personnel édités depuis une vingtaine d’années aux États-Unis (et dans une moindre mesure en France) tendent à prescrire des modes de gouvernement de soi calqués sur le modèle du management d’entreprise.

Lire le texte de la conférence


Le management, art de l’efficacité et non du profit : étude du champ lexical du terme « management » dans la littérature anglophone depuis la fin du XVIIIe siècle

Paru dans Economies et sociétés, Tome XLVIII, n°1, janvier 2014, pp.5-34

À la lumière d’une étude lexicale et historique des usages du terme « management » par des auteurs anglais et américains depuis la fin du XVIIIe siècle, il apparaît que le principe de profit n’est pas un opérateur théorique privilégié par les penseurs de cette notion. Le management ne serait pas par nature à but lucratif. Bien au contraire, ce concept semble avoir été construit sémantiquement, depuis la fin du XVIIIe siècle, dans le rejet du référentiel marchand. L’efficacité, bien davantage que le profit, constitue le principe directeur de la rationalité managériale. Plutôt que de naturaliser cette notion d’efficacité et de l’introniser mètre-étalon universel des phénomènes organisationnels, il fait sens d’analyser comment et pourquoi elle en est venue à être socialement valorisée au sein des sociétés industrielles.

A historical and lexical study of the uses of the word “management” by English and American authors from the end of the 18th century reveals that the principle of profit does not constitute a major conceptual framework for the early thinkers of management. Management would not be, by nature, a for-profit activity. On the contrary, this concept seems to have been semantically built, from the end of the 18th century, upon the rejection of the market reference. Efficiency, much more than profit, is the leading principle of managerial rationality. Rather than naturalizing this notion of efficiency and making it the universal yardstick of organizational phenomena, it makes sense to analyze why and how it came to be highly valued within industrial societies.

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LeTexier-EfficacitéEtNonProfit(01.2013)


Veblen, Commons, and the Modern Corporation : Why Management Does Not Fit Economics

Homo Œconomicus, Volume 30, Issue 1, 2013, pp.101-120

At the end of the 19th century, the everyday activities of developing corporations modified the usual field of economic investigations. Nevertheless, economists were slow off the mark and seemed reluctant to give a proper place to this new player in their theoretical schemes. Thorstein Veblen and John R. Commons offered the first comprehensive history of the modern business firm. Little interested in the anatomy of the corporate leviathan, they rather sounded out its soul and analyzed its double-sided spirit, both pecuniary and industrial.

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La managérialisation de l’Etat et de l’administration publique : le cas de la police

Les Cahiers de la sécurité, n°23, mars 2013, pp.158-165

Depuis le XVIe siècle, la croissance des États européens s’est accompagné de la sédimentation d’une rationalité gouvernementale spécifique, que nous appellerons la rationalité régalienne. Ce mode de gouvernement s’articule aux principes de justice, de légalité, de souveraineté, de sécurité, de centralisation et d’unité. À la fin du XIXe siècle, une rationalité gouvernementale nouvelle apparaît qui va être mobiliser pour penser et diriger les Etats européens et américain. Cette logique de gouvernement s’ordonne aux principes d’organisation, de planification, de contrôle, de comptabilité et d’efficacité. Nous la nommerons la rationalité managériale. L’extension de ce nouvel entendement du pouvoir tout au long du XXe siècle participe de la désacralisation croissante de l’État. Durant les trente dernières années, le pré carré traditionnel de la souveraineté s’est trouvé de plus en plus soumis à cette logique gestionnaire. Ainsi résumée, la distinction entre le principe régalien de justice et l’impératif managérial d’efficacité peut paraître un peu schématique. L’examen du cas de la police et de son rapport ambivalent au droit et à l’efficacité nous permettra de nuancer cette opposition.

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De l’« arrangement » à l’« organisation » : essai sur les dispositifs de gestion

Gérer et comprendre, Annales des Mines, mars 2013, n°111, pp.60-74

Avant même que le terme de « management » ne soit usité au sein des entreprises privées, manager signifie arranger selon des normes objectives et dans un but d’ordre et d’efficacité. Dès la fin du XVIIIe siècle, cette notion désigne communément la régularisation des comportements au moyen d’agencements conçus selon des mesures et des calculs précis. Les ingénieurs industriels se réclamant du management scientifique s’inscrivent directement dans ce sillage lorsqu’ils entreprennent, à la charnière des XIXe et XXe siècles, d’organiser selon de tels dispositifs prétendant à l’objectivité les environnements de travail, les étapes de la production, la circulation de l’information et les structures hiérarchiques. Les théoriciens du management qui leur ont succédé ont étendu le champ d’application des dispositifs de gestion à la structure sociale des organisations et à la subjectivité des individus. Ils ont de ce fait confirmé l’importance du principe d’arrangement pour penser le management et avoué inconsciemment leur dette à l’égard des auteurs d’ouvrages de management des fermes et des foyers qui œuvraient au XIXe siècle.

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Diagrammes montrant la préparation d’un plat selon deux arrangements différents (Frederick, 1913, p.52) - 56 ko
Diagrammes montrant la préparation d’un plat selon deux arrangements différents (Frederick, 1913, p.52)

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Management Does Not Necessarily Follow Structure : A Reassessment of Chandler’s View on the Impact of Economic and Technological Factors on Management

Working Paper, October, 2012

Alfred Chandler’s work is of cardinal importance in understanding the emergence and growth of business corporations. Its central thesis can be summarized as follows : management follows structure, structure follows strategy, and strategy follows the dynamics of technology and markets. In a word, technology and markets, more than any other factor, shape a firm’s methods of managing. My research will attempt prove that, though the structure of a business enterprise can be conceived as a response to a given stage of technology and of market expansion, management cannot.

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Les conceptualisations du pouvoir de Bourdieu et quelques-unes de leurs applications au management

Document de travail, août 2012, 19 p.

Bourdieu peut être considéré comme un des grands penseurs français contemporains du pouvoir, au même titre que Foucault. Si la question du pouvoir traverse toute son œuvre, c’est surtout à partir de sa théorie des champs et des capitaux qu’il la théorise explicitement, et dans une moindre mesure dans le cadre de ses études sur la domination symbolique et les habitus. Une fois présentés les quatre principaux schèmes conceptuels utilisés par Bourdieu pour analyser le pouvoir, nous esquisserons la fécondité et les limites de leur application au management. (A lire aussi, une note de lecture parue dans Politix, n° 99, 2012/3, pp.261-264)

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LeTexier-BourdieuPouvoirManagement(v.2-09.2012)
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LeTexier-BourdieuEtat(06.2012)






Pierre Legendre et le management

Document de travail, oct. 2011, 4 p.

Pierre Legendre a problématisé le management à la lumière du juridisme occidental. Je pense à l’inverse que la rationalité gestionnaire institue les humains selon un mode spécifique qui n’est pas entièrement reconductible à la pensée juridique chrétienne. Lire en ligne.

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The Uses and Misuses of Foucault for Thinking Management : A Case for a Theory of Managerial Governmentality

Working Paper, February 2012, 19 p.

From the beginning of the 1970s, Michel Foucault works on power. Repressing, ruling, dominating : the discipline, his first developed conception of power, is an essentially negative mechanism. By the mid-70s, Foucault strives to escape the binary and overbearing conception of power he inherited from the theories of sovereignty. He thus balances and nuances this understanding. The power then no longer takes the shape of the prison panopticon, but that of the government - in the narrow sense of State activity, and in the broad sense of a behavioural technology applied to free individuals. Yet, until his death, he remains encumbered by this regal rationality whose influence on the contemporary understanding of power he continues to criticize. Among the main notions he elaborates to cut off the king’s head, the concept of governmentality stands as the most drawn upon today. It is time for management thinkers and historians to seize it and develop a thorough theory of the managerial governmentality, rather than simply focus on the panopticon, subjectivation processes and the power/knowledge paradigm. Far from using the Foucault tool-box as an intellectual straitjacket, management students should use it as a liberating set of sketches to be questioned, complemented, and diverted if necessary.
Key-words : Foucault, discipline, governmentality, management


The First Systematized Uses of the Term “Management” in the 18th and 19th Centuries

Journal of Management History, Volume 19 Issue 2, 2011, pp.189-224

Since its appearance in the English language in the 16th century and until the beginning of the 20th century, the word “management” did not mean primarily “business management.” From the time when its use become frequent, in the middle of the 18th century, five generic types of literature make a repetitive use of the notion : these are texts on husbandry, medical care of the mother and of the infant, household administration, school supervision and engineering. While those uses are very diverse, when considered as a whole all these subject matters show coherence in their common definition of the term “management,” which could be summarized as : caring, making efficient , driving, systematizing, and calculating. This broad characterization of the word “management” was not an explicit reference for business management practitioners and theoreticians at the end of the 19th and at the beginning of the 20th century, but rather the mental foundation upon which mechanics, engineers, and accountants chose to build their own concept of the notion. From a global overview of this early discourse on management, we draw a hypothesis on the symbolic and institutional causes of the appearance of modern management.

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LeTexier-EarlyUsesofManagement(02.2012)


The managerial rationality, from domestic administration to governance

Presentation of my PhD research, 6 p.

In the eighteenth and nineteenth century, the notion of “management” takes a first meaning within a coherent set of concepts - care, industry, arrangement, conduct and calculation - which articulation draws a new way of thinking. At the beginning of the twentieth century, while the business corporation slowly emancipates from the family sphere, this rationality is redefined on the basis of four main general principles : efficiency, organization, control, and knowledge. This second managerial rationality shows, throughout the twentieth century, a unity and a stability that are of a nature neither scientific nor ideological. This rationality cannot be understood by the yardstick of the military discipline, of the patriarchal authority, of the instrumental rationality proper to the engineers, or of the capitalist rationality proper to the economists, for the very reason that it is formulated largely in reaction to these four rationalities. Precisely, the second managerial rationality constitutes a new understanding of the way of governing individuals, which we call a “governmentality”, in way slightly different from Foucault. This managerial governementality cannot be fitted into a unique organisational frame, but circulates between different institutions, the most prominent of which being the family, the business corporation and the state. The study of this new governmentality is the occasion to question the main views of government prevailing on both sides of the Atlantic for a century and a half, and thus to contributes to clarifying the contemporary ways of thinking about power.
Key-words : history, management, rationality, governmentality, institution

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LE TEXIER - The Managerial Rationality (07.2011)


Homemade Economics : The Managerial Rationalization of Women’s Everyday Life in America, 1820-1920

Working Paper, February 2012, 16 p.

The paper sketches the nature and the logic of the discourse on household administration in America from 1820 to 1920. Using a hermeneutic approach, it reveals how this literature insists on measuring for efficiency rather than on accounting for profit, and thus unveils understandings of management science and economics different from the ones prevailing nowadays. Finally, this study invites to understand this literature not mainly as an instrument for the male oppression of women but as a way for them of escaping tradition.
Key words : household management, economics, accounting, women’s emancipation

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D’un principe de justice à un standard d’efficacité : la rationalité régalienne à l’épreuve de la logique gestionnaire

Revue Dissensus, n°4, avril 2011, pp.49-69

A partir du XVIe siècle, une rationalité régalienne charpente l’imaginaire gouvernemental européen. Tout en se structurant conceptuellement et pratiquement, notamment autour de l’administration du droit et de la justice par un Etat centralisé, cet art de gouverner régalien est travaillé par des éléments doctrinaux qui s’agrégent au XXe siècle pour former une rationalité gouvernementale nouvelle : la rationalité managériale, qui s’ordonne aux principes d’organisation, de planification, de contrôle, de comptabilité et d’efficacité. L’extension de cette nouvelle logique de gouvernement tout au long du XXe siècle participe de la désacralisation croissante de l’Etat. Durant les vingt dernières années, le pré carré traditionnel de la souveraineté s’est trouvé de plus en plus soumis à cette logique gestionnaire. Le glissement d’un critère décisionnel reposant sur le principe de justice à un standard articulé à l’impératif d’efficacité constitue un révélateur de ce changement de paradigme gouvernemental. Bien des explications tautologiques ont depuis entrepris de comprendre la progression de l’axiomatique managériale par son efficacité. A l’inverse j’entends ici indiquer comment et pourquoi le critère d’efficacité lui-même en est venu à supplanter les référentiels de jugement hier et avant-hier privilégiés, tels que l’ancienneté, la force, la bonté, l’égalité, la liberté, la légalité et la justice.
En ligne aussi sur le site de Dissensus. Voir aussi le n°4 en entier (PDF, 210 p.)

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LE TEXIER - Justice - efficacité (01.2011)


Foucault, le pouvoir et l’entreprise : Pour une théorie de la gouvernementalité managériale

Revue de philosophie économique, Volume 12, numéro 2, pp.53-85

A partir du début des années 1970, Michel Foucault travaille sur le pouvoir. Réprimer, réglementer, dominer : la discipline, sa première conception élaborée du pouvoir, est un mécanisme essentiellement négatif. Foucault semble alors peiner à s’extraire de la conception binaire et dominatrice du pouvoir qu’il a héritée des théories de la souveraineté. Dès le milieu des années 70, il nuance et rééquilibre cette vision. Le pouvoir ne prend plus dès lors la figure du panoptique carcéral mais celle du gouvernement - au sens restreint d’activité de l’Etat et au sens large de technologie comportementale s’appliquant à des individus libres. Mais de nouveau, notre auteur se trouve encombré par cette rationalité régalienne dont il ne cesse de critiquer l’emprise sur les entendements contemporains du pouvoir. A trois exception près : la première, c’est le pastorat chrétien ; la seconde, c’est le gouvernement de soi tel qu’il est formulé par les Anciens ; la troisième, c’est la gouvernementalité managériale, que Foucault ne fait qu’esquisser très brièvement et très incomplètement et que je m’emploierai à problématiser ici.

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La politique de Michael Oakeshott

Février 2009, 20 p.

Aujourd’hui honoré dans le monde anglophone, l’historien et philosophe britannique Michael Oakeshott (1901-1990) est quasiment méconnu en France. Sa pensée présente l’intérêt de procéder par polarisation des concepts, des pratiques et des phénomènes : plutôt que de tenter leur impossible cartographie, elle les étire entre leurs deux tendances les plus extrêmes dont sera nécessairement composé tout ce qui se trouvera entre. Appliquant cette dialectique bipolaire aux domaines de la connaissance, de la morale et plus généralement de la politique depuis la fin du Moyen Age, notre auteur fait dialoguer front à front un rationalisme entreprenant et une philosophie réflexive, les politiques de la foi et du scepticisme, une morale du collectivisme et une autre de l’individualité, puis collige l’ensemble sous les espèces de l’« association d’entreprise commune » et de l’« association civile ». Son entendement de la politique non comme ingénierie institutionnelle mais comme activité de gouverner le conduit à placer le management au cœur de sa réflexion politique, et par là même, tout en critiquant le rabougrissement de la pensée politique en une doctrine de gestion, à proposer une analyse des pratiques de gouvernement préfigurant celle de Michel Foucault.

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LE TEXIER - La politique de Michael Oakeshott (02.2009)




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