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Gouvernance

La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, ou la managérialisation des sociétés industrielles au XXe siècle ?

Note critique sur l’ouvrage de HIBOU Béatrice, La Bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, Paris : La Découverte, 2012, mars 2013

Le dernier ouvrage de B. Hibou est une exploration sociologique du pullulement normatif accompagne l’essor du néolibéralisme depuis une trentaine d’années. Si les cas étudiés sont éclairants, on peut regretter quatre partis pris de méthode : l’assimilation de la bureaucratie à un phénomène essentiellement capitaliste ; la focalisation sur l’ère néolibérale ; une conception trop strictement régalienne de la bureaucratie et du pouvoir ; et la minoration des dimensions symboliques et culturelles de la bureaucratie.

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LeTexier-HibouBureaucratisationDuMonde(03.2013)


L’État, une entreprise ?

Interdépendances, n°84, janvier-février-mars 2012, pp.53-55

Durant les trente dernières années, le pré carré traditionnel de la souveraineté s’est trouvé de plus en plus soumis à la logique gestionnaire. Le glissement d’un critère décisionnel reposant sur le principe de justice à un standard articulé à l’impératif d’efficacité constitue un révélateur de ce changement de paradigme gouvernemental. Lire l’article


The managerial rationality, from domestic administration to governance

Presentation of my PhD research, 6 p.

In the eighteenth and nineteenth century, the notion of “management” takes a first meaning within a coherent set of concepts - care, industry, arrangement, conduct and calculation - which articulation draws a new way of thinking. At the beginning of the twentieth century, while the business corporation slowly emancipates from the family sphere, this rationality is redefined on the basis of four main general principles : efficiency, organization, control, and knowledge. This second managerial rationality shows, throughout the twentieth century, a unity and a stability that are of a nature neither scientific nor ideological. This rationality cannot be understood by the yardstick of the military discipline, of the patriarchal authority, of the instrumental rationality proper to the engineers, or of the capitalist rationality proper to the economists, for the very reason that it is formulated largely in reaction to these four rationalities. Precisely, the second managerial rationality constitutes a new understanding of the way of governing individuals, which we call a “governmentality”, in way slightly different from Foucault. This managerial governementality cannot be fitted into a unique organisational frame, but circulates between different institutions, the most prominent of which being the family, the business corporation and the state. The study of this new governmentality is the occasion to question the main views of government prevailing on both sides of the Atlantic for a century and a half, and thus to contributes to clarifying the contemporary ways of thinking about power.
Key-words : history, management, rationality, governmentality, institution

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LE TEXIER - The Managerial Rationality (07.2011)


D’un principe de justice à un standard d’efficacité : la rationalité régalienne à l’épreuve de la logique gestionnaire

Revue Dissensus, n°4, avril 2011, pp.49-69

A partir du XVIe siècle, une rationalité régalienne charpente l’imaginaire gouvernemental européen. Tout en se structurant conceptuellement et pratiquement, notamment autour de l’administration du droit et de la justice par un Etat centralisé, cet art de gouverner régalien est travaillé par des éléments doctrinaux qui s’agrégent au XXe siècle pour former une rationalité gouvernementale nouvelle : la rationalité managériale, qui s’ordonne aux principes d’organisation, de planification, de contrôle, de comptabilité et d’efficacité. L’extension de cette nouvelle logique de gouvernement tout au long du XXe siècle participe de la désacralisation croissante de l’Etat. Durant les vingt dernières années, le pré carré traditionnel de la souveraineté s’est trouvé de plus en plus soumis à cette logique gestionnaire. Le glissement d’un critère décisionnel reposant sur le principe de justice à un standard articulé à l’impératif d’efficacité constitue un révélateur de ce changement de paradigme gouvernemental. Bien des explications tautologiques ont depuis entrepris de comprendre la progression de l’axiomatique managériale par son efficacité. A l’inverse j’entends ici indiquer comment et pourquoi le critère d’efficacité lui-même en est venu à supplanter les référentiels de jugement hier et avant-hier privilégiés, tels que l’ancienneté, la force, la bonté, l’égalité, la liberté, la légalité et la justice.
En ligne aussi sur le site de Dissensus. Voir aussi le n°4 en entier (PDF, 210 p.)

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LE TEXIER - Justice - efficacité (01.2011)


L’institutionnalisation de la société civile

Document de travail, janvier 2010, 11 p.

Dans les démocraties de marché, les organisations de la société civile sont devenues une forme majeure d’action et d’expression publique. En dépit d’une idée fort répandue, ces associations ne peuvent, dans leur grande majorité, prétendre au titre de contre-pouvoir. Et s’il en est ainsi, ce n’est pas qu’elles ont été assujetties par les pouvoirs publics ou économiques. Elles ont bien plutôt coproduit leur institutionnalisation, condition de leur survie et de leur croissance. Ce que démontre un examen des deux grandes formes de mobilisations associatives ayant eu lieu dans le giron des Nations unies et du G8 : la contre-expertise et le contre-sommet.

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L’institutionnalisation de la société civile


Gouvernance

Juin 2009, 20 p., publié dans le DicoPo, dictionnaire de philosophie politique

Depuis sept siècles, la notion de gouvernance signale la jonction de deux conceptions idéales-typiques du gouvernement qui, loin de s’opposer, s’empruntent objets, principes et techniques : le gouvernement de type régalien et le gouvernement de type managérial. Parcellaire et balbutiante jusqu’au début du XXe siècle, la rationalité managériale se formalise pragmatiquement pendant un demi-siècle avant d’envahir et finalement de subvertir, ces vingt dernières années, le domaine réservé de l’imaginaire étatique. A la pensée politique traditionnelle par blocs, frontières, territoires et populations se surimpose alors une intelligence dynamique, procédurale, relationnelle et fonctionnelle des flux, des réseaux, des communautés et des individus. La notion de gouvernance préside aussi bien à l’articulation de ces entendements qu’à leur circulation. Lire l’article en ligne.

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LE TEXIER - Gouvernance [03.09]


Du « bon » usage des mots. La « gouvernance » et la « société civile » au service du « développement »

Pour discussion en attente de publication, octobre 2008, 15 p.

Dans les années 1990, au moyen d’agencements rhétoriques et de dispositifs contraignants, les institutions publiques internationales ont capté, codifié et popularisé la notion de gouvernance de manière à reconfigurer l’armature logico-pratique du développement dans le sens des théories institutionnalistes et libérales. Selon cette axiomatique politique, mondialement promue par un marketing intellectuel encerclant et auto-référenciel, l’importation du modèle universaliste et occidentalo-centré de démocratie de marché doit s’accompagner de la privatisation des tâches régaliennes lucratives ou trop coûteuses ainsi que de l’arsenal réglementaire de l’Etat. A partir du milieu des années 1990, la notion de société civile va être couplée à celle de gouvernance pour codifier les bornes, l’organisation et les fonctions des entreprises à but ou non lucratif dans le sens d’une privatisation de la signification, de la prise en charge et des finalités du développement.

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LE TEXIER - Du bon usage des mots, 10.2008, 15 p.




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